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 Underneath....

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PéchésPéchés
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Angel L.Crow
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MessageSujet: Underneath....   Mar 29 Sep - 13:22


   Aphrodite
(part 1)


   
   


   




Aphrodite. Rien que ce nom semblait prometteur… J’avais croisé cette créature, aux airs divins par sa simple prestance. Une grande femme mince aux courbes harmonieuses. Sa chevelure blonde platine cascadait sur ses épaules, le long de son dos, jusqu’au creux de ses reins. Je connaissais les grandes lignes de son apparence physique avant de la voir. En effet, elle organisait une réception chez elle, à laquelle j’étais convié. J’avais répondu à son invitation, curieux. S’agissait-il d’une de ces soirées mondaines où se bousculaient des personnages qui se voulaient tous plus influents que les autres… En bas du courrier, visiblement rédigé à la main (j’en vins d’ailleurs à me demander si l’écriture soignée qui avait gravé le papier était la sienne), mentionnait un bal. Je ne pus qu’en être surpris étant donné la rareté de ce genre de pratique de nos jours… Un vrai bal j’entends. De ceux qui exige costume, et masque si j’en croyais bien la missive. Fort bien. Je souris en repliant la petite feuille dans son enveloppe, bien décidé à participer à l’évènement, qui aurait lieu la semaine suivante. J’aurais donc le temps de prendre mes dispositions quant à mes rendez-vous illicites.

Pour l’occasion j’avais revêtu mes bottes de cuir lacées sur tout l’arrière, jusqu’en haut du mollet, un pantalon de cuir fin, au plus prêt de ma peau, une chemise de satin, d’un noir profond, et un masque loup assorti. Enfin, pour compléter l’ensemble je choisis mon long manteau en cuir cintré par un lacet dans le dos.
Evidemment, j’avais pris soin de choisir un bouquet composé de différentes variétés de fleurs blanches. Ainsi, il pourrait se trouver à sa place quelque soit les gouts de mon hôtesse en matière de décoration.
J’enffourchai mon fauve de métal pour me rendre à l’adresse indiquée sur la lettre, une fois que l’astre de jour eut disparu derrière l’horizon. Je fendais l’air, en osmose avec la puissance incroyable de mon engin, le sourire déjà aux lèvres.
Je ne tardai pas a distinguer un manoir digne d’un roman issu de la bibliothèque de l’Innocent. Des murs ornés de rosiers grimpants,  un perron soutenu par deux lions de pierre, fiers et majestueux. Mais avant cela, une grande grille en fer forgé derrière laquelle se tenait deux chiens-loups d’une blancheur immaculée. Je croisai leurs regards à travers mon masque sans qu’ils n’osent grogner. Sans doute était-ce à cause de ma bête elle-même… Toujours était-il que je pus entrer dans la propriété sans encombre. En effet, les chiens parurent recevoir un signal qui les enjoignit à libérer l’entrée pour laisser la grille s’ouvrir, de sorte à ce que je puisse entrer et garer ma moto non loin de celle-ci. Je devinai que les jardins devaient être immense rien qu’en voyant les par terre de fleurs qui longeaient la maison en elle-même, à perte de vue.
Enfin, je gravis les quelques marches qui conduisaient au perron. Je m’apprêtais à sonner à la petite cloche mise à disposition près de la porte, mais la porte s’ouvrit… Et alors, je la vis. Cette créature qui portait le nom de l’amour lui-même. Elle m’offrait un sourire éblouissant. Bien-entendu savait-elle que je venais à elle. L’ordre qu’avaient reçu les chiens devait être de son fait.
Le masque qu’elle portait n’enlevait rien à la grâce de ses traits. Cette vampire était bien au moins aussi splendide qu’on voulait bien le dire. Je m’inclinai, elle me salua :

« Bienvenue chez moi, Gentleman… Entrez donc. Je me réjouis que vous ayez fait le choix de venir jusqu’ici. Je vous promets une nuit mémorable. »

Elle s’écarta pour me laisser entrer. Je fis donc un pas pour me glisser à l’intérieur et lui offrit ma composition florale, qu’elle porta à son visage pour en sentir le parfum.

« Je vous remercie Lady. Votre contemplation valait bien le déplacement à elle seule… »

Je pris doucement sa main libre pour y déposer un baiser, sans me présenter afin de ne pas rompre le charme du masque, puis lui sourit à mon tour, m’attardant un court instant sur l’allure générale de cette femme sublime. Un corset marquait sa taille, et soulignait habilement la délicieuse courbe de sa poitrine alors qu’une longue jupe de mousseline blanche complétait la tenue. A ses pieds, un pair d’escarpins à talons hauts, le tout d’un blanc aussi éclatant que mon noir était profondément obscur. Ses cheveux presque assorti étaient simplement laissés libres, leur raideur douce rappelant la mousseline qu’elle arborait…
Sa petite main toujours enfouie dans la mienne, elle me guida jusqu’à une grande salle parsemée de miroirs, où conversaient déjà quelques convives. Au milieu des miroirs trônaient une enfilade de tables disposées en U. Aphrodite déposa mon bouquet au centre de l’une d’elle et revint à moi.

« Laissez moi vous débarrasser monsieur. Vous pourrez retrouver vos affaires sur le portant dans le dressing des invités. Il se trouve juste derrière la porte au fond à gauche. »

Elle m’avait ôté mon vêtement tout en parlant, et je ne l’avais pas arrêtée le moins du monde. De toute évidence elle n’aimait pas déléguer. Voilà un point commun que je pouvais dès à présent nous reconnaitre.

« Je vous remercie sincèrement… Revenez-nous vite. »

J’avais parlé d’une voix douce avec un léger sourire. L’hôtesse plaisait à Luxus, sans aucun doute… Je la sentais déjà se réjouir de la nuit qui nous attendait. Je regardai donc la sang-froid s’éloigner, de sa démarche fluide et aérienne, puis allai tout de même saluer les autres d’une révérence générale, qui me fut rendue volontiers. Imperceptiblement, l’aura doucereuse du Plaisir se diffusait autour de moi… Tout le monde garderait un bon souvenir de cette réception.

   

   
   
   
© Zuzuu
   
   

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PéchésPéchés
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Angel L.Crow
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MessageSujet: Re: Underneath....   Mar 15 Nov - 12:56


  Aphrodite
(part 2)


 
 


 




J’avais en face de moi, deux couples de vampires, mixtes, qui arborait chacun une couleur. L’un un bleu nuit profond, et l’autre un violet Lila intense. Chaque homme avait posé une main sur la hanche de la femme qui les accompagnait d’un geste faussement détaché, qui en réalité avait tout de la démonstration de possessivité… Ce genre d’attitude avait le don de sonner comme un défi pour Luxus, qui pour l’instant ne fit que prendre la main des deux femmes tour à tour pour y déposer un baiser emprunt de respect. Les damoiselles  sourirent. Celle qui portait la robe aux airs de voute céleste nocturne alla même d’un petit rire avant de couler un regard à son cavalier qui semblait vouloir dire que ce genre de traitement devrait lui être alloué plus souvent. Je sentis l’homme se crisper et faire un effort pour ne pas se laisser  diriger par la colère qui commençait à monter en lui, sans pouvoir s’empêcher cependant de me lancer un regard peu amène. Pauvre de lui… Vexé… Blessé dans son amour propre.
Etais-je le seul à être venu seul ? La lettre de la maitresse de maison ne mentionnait pas de partenaire, et je ne jugeais pas nécessaire de me déplacer avec  une escorte. Je trouvais même cela plutôt irrespectueux d’imposer la présence de quelqu’un à un hôte qui fait déjà l’effort de me recevoir chez lui…
Peut-être Aphrodite attendait-elle quelqu’un supposé l’accompagner elle aussi après tout… Mais peu m’importait. Je savais que ma soirée ne serait pas perdue. Que j’allais danser quoi qu’il puisse arriver. Aphrodite revint en souriant à l’assemblée, puis s’inclina en une révérence des plus charmantes.

« C’est avec grand plaisir que je vous accueille chez moi ce soir, et j’espère sincèrement que ce sentiment sera partagé tout au long des festivités »

La vampire croisa tour à tour nos regards avec une assurance, un aplomb qui semblait inébranlable.

« La nuit n’étant pas éternelle je vous propose d’entrer en piste dès maintenant. Après la première danse, je partagerai avec vous une sélection issue de ma cave… »

Je lui adressai un sourire enjoué, et m’inclinai en signe d’approbation. Elle me sourit, son regard sombre éclairé d’une lueur pétillante. Ayant déjà relativement froissé l’un des hommes présent ici, je décidai de ne pas en rajouter en me montrant trop imposant. Ainsi, j’entrepris de me mettre en retrait, du coté des tables pour apprécier la valse des autres. Je m’attendais presque à voir un prince charmant descendre le grand escalier de marbre qui donnait l’impression que la pièce, déjà toute en longueur était interminable. Mais alors que je venais de tourner les talons, une petite main fraiche s’insinua dans la mienne. Je fis volte-face. La Divine me souriait, avec une expression à mi-chemin entre malice et timidité :

« Monsieur… M’accorderiez-vous cette danse ? »

Pas de prince, donc… Je dus prendre sur moi pour que ma surprise ne soit pas aussi frappante qu’elle l’était réellement. A nouveau, je portai ses doigts à mes lèvres.

« Vous m’honorez, Lady… »
« C’est vous qui le faites, en m’accordant votre présence… »

Evidemment, elle savait qui j’étais. Seul loup de la salle. Seule ombre au tableau qui se détachait sur tout ce blanc. Je liai mes doigts aux siens pour rejoindre la piste, sans ajouter un mot. Je me demandai tout de même ce qu’elle avait pu entendre à mon sujet, pour considérer ma venue  avec gratitude… Tant de choses contradictoires circulent sur moi. Et globalement, elles sont toutes fondées. De quoi s’y perdre… Mais je préférai ne pas creuser le sujet. Nous étions tous venus pour elle, pas pour moi.

La musique s’éleva, et tout le monde se mit à bouger, comme d’un commun accord en un ensemble harmonieux. Ma cavalière semblait à peine toucher le sol, tant elle se mouvait avec grâce et légèreté. Elle savait ce qu’elle faisait, et le léger sourire qui ornait ses lèvres, n’altérait en rien son assurance. Pour un passionné d’art musical comme moi, la situation était simplement délicieuse. Mais brusquement, la porte s’ouvrit à nouveau, dans un fracas métallique. Tout le monde se figea, et la musique s’arrêta. La princesse de porcelaine se tourna vers l’entrée, sans me lâcher. Tout le monde se mit sur ses gardes. Mes instincts étaient en éveil.

« Marius… » Souffla-t-elle.

Je m’étonnai qu’elle semble aussi prise de cours… N’attendait-elle pas le sang-chaud, irradiant une colère à peine contenue qui venait de faire irruption ? Les prédateurs en moi enflèrent, autant l’un que l’autre. Luxus était prête à absorber la rage du nouvel arrivant de toutes les façons possibles, et mon loup percevait clairement un rival potentiel. Et visiblement, le dénommé Marius et moi, étions à égalité, dans la mesure où ni lui, ni moi n’étions sur notre territoire. J’ignorais depuis combien de temps Aphrodite le connaissait, mais elle ne m’avait pas lâché. Il n’était donc pas ostensiblement privilégié par rapport à moi. Le coléreux arborait un costume gris argenté, trois pièces, mis en valeur par une lavallière d’un bleu aussi vif et glacial que ses iris. Son visage carré, et non moins raffiné, était encadré d’une barbe et une chevelure rousses, soigneusement coupée pour l’une, et taillée pour l’autre. Le feu et la glace présent en un seul homme…. Par l’Enfer…

« Aphrodite ! Aurais-tu perdu l’esprit ? » Tonna-t-il.

Sa voix puissante résonna dans toute la pièce. Mes entrailles frémirent, mais probablement pas comme il l’aurait voulu. La surprise m’étreignit de nouveau quand l’intéressée lâcha ma main… Non pas pour rejoindre le loup furieux, mais pour se poster devant moi en une attitude défensive. La douceur de son visage avait laissé place à un masque d’inflexibilité sans appel. Visiblement, elle n’avait pas l’intension de se laisser impressionner, comme si elle connaissait déjà la raison de la colère de l’homme en gris.

« Je suis encore chez moi ici que je sache. Libre à moi d’y laisser entrer qui je veux. Tu n’as pas voix au chapitre Marius. »

Elle avait parlé d’une voix claire. Aussi dure que sa posture. Je percevais  les tensions tout le long de son corps engendrée par son mécontentement. Même Luxus jugea bon de ne pas intervenir, en faisant montre d’une certaine possessivité sur la vampire qui n’avait pas besoin d’aide. Marius grogna en braquant son regard sur moi. J’aurais juré que si son regard avait été une arme, je serais mort. La menace bestiale du roux plana plusieurs secondes dans la grande pièce. La réaction d’Aphrodite était loin de le satisfaire. Il était même plus en colère encore, à présent.

« Sais-tu qui il est ? » Cracha-t-il en me désignant du menton. De toute évidence, ce que lui savait ne lui plaisait pas.
« Ca ne te regarde en rien. »

Venimeux était le mot qui me vint à l’esprit à mesure que sa voix emplissait l’espace. Marius se tenait d’un coté de la pièce. D’abord par respect pour l’hôtesse, et sans doute pour se tenir loin de moi également. Une preuve d’une intelligence relative, ou d’un instinct développé. La suite m’aiderait probablement à trancher.

« Et vous, vous le savez ? » Questionna-t-il à la cantonade, en passant en revu les autres convives qui s’entre-regardèrent dans un brouhaha de murmures… Mais aucun ne se prononça intelligiblement. L’enragé serra les dents à en rendre ses mâchoires douloureuses. Les jointures de ses poings serrés blanchirent…

Soudain, tout s’enchaina très vite. Marius pivota pour  saisir l’épée d’une des armures qui se trouvait, entière, contre le mur. Il leva l’arme, en bondissant devant nous. D’un geste vif, je saisis la vampire par la taille pour la dévier de la trajectoire de l’épée, dont je saisis la lame à pleine main pour l’arrêter avant qu’elle ne m’atteigne. Evidemment, mes paumes n’étaient pas parées pour encaisser un coup d’une telle violence, mais ma poigne se resserra de toute la force dont elle était capable sur l’arme de sorte à ce qu’il soit impossible de porter un second coup sur qui que ce soit. Jetant un coup d’œil furtif à mes mains, je constatai que mon sang maculait déjà la lame et le sol à grosses gouttes. Mon adversaire tira un coup sec sur le manche de l’épée dans l’espoir de la dégager, mais mes doigts, pareils à des étaux ne lâchèrent pas prise. Cependant, ma chair, elle, nue et vulnérable, céda sous le tranchant, jusqu’à ce que le métal affuté n’atteigne mes os… Je grondai sous la morsure brulante de l’entaille. Personne n’avait bougé. Les convives refusaient sans doute de prendre parti, sans approbation explicite de la maitresse des lieux

« QU’ON LACHE LES CHIENS ! »

La voix d’Aphrodite semblait n’être que colère pure quand elle prononça ces mots. Et d’ailleurs, quelques secondes plus tard, on put entendre le souffle grondant des animaux dont les griffes crissaient sur le carrelage. Ils venaient de derrière moi. Ce fut l’expression de mon ennemi qui m’appris ce qui allait se passer. En effet… Je lus dans son regard perçant, stupeur et quelque chose de proche de la crainte. Les deux bêtes au pelage éclatant me contournèrent pour se jeter sur lui, et le faire tomber à la renverse.

« Sortez tous ! Dehors, et emmenez-le, hors de ma vue ! »

Elle s’était exprimée moins fort, sans pour autant être moins convaincante. Les quatre vampires se mobilisèrent pour extirper Marius des griffes des deux chiens-loup, et le firent sortir sur le champs malgré ses efforts pour échapper à leur prise.
Dans sa chute, le loup avait lâché l’épée, m’obligeant à tomber avec elle pour ne pas arracher la chair tranchée de mes doigts tétanisé autour du métal. Je pris une grande inspiration en vue de retirer la lame de mes doigts. Tout était redevenu presque silencieux. Mon cœur battait dans mes plaies en une sensation lancinante qui me donnait presque le vertige. Je n’entendis pas Aphrodite  s’agenouiller près de moi… Sans brusquerie, elle tenta de m’aider à déplier mes doigts pour me libérer.

« Je vous en prie… Veuillez me pardonner… Il n’était pas invité. »

Sa voix était à peine audible, tremblante de culpabilité. Sans un mot, je la laissai faire. La froideur de sa peau si proche de ma blessure brulante était la seule chose que je pouvais souhaiter maintenant…



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PéchésPéchés
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Angel L.Crow
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MessageSujet: Re: Underneath....   Mer 16 Nov - 11:43


  Aphrodite
(part 3)


 
 


 




Mon souffle était court… Trop court. Mes mains tremblaient alors que la sublime vampire s’appliquait à détendre mes doigts un à un. L’opération me paraissait interminable, mais je finis par lui répondre. Loin de moi l’idée de l’oppresser avec une culpabilisation qui n’avait pas lieu d’être.

« De toute évidence, vous n’avez pas souhaité ce qui vient de se produire… »

Ma voix était plus faible et éraillée que je l’aurais voulu. La puissance de l’assaut de la lame était parvenue à fendre les os qu’elle avait heurtés. Aphrodite soulève mes deux mains ensanglantées, par le dessous, dans les deux siennes, le regard épouvanté.

« J’aurais dû renforcer la garde. »

Elle s’en voulait. Manifestement, elle devait avoir interdit à Marius de venir, en comptant sur la raison de celui-ci pour que les choses se passent comme prévu, et elle s’était trompée. Voilà qu’elle était de nouveau en colère, mais contre elle-même cette fois. Alors que j’avais évité son regard jusque là, pour ne pas lui imposer la vue de ma douleur que j’étais conscient de ne pas pouvoir masquer complètement, je relevai la tête.

« Il a agi de son propre chef… Et… Vous m’avez défendu… »

La reconnaissance était perceptible dans mon timbre. Suffisamment d’ailleurs, pour qu’elle détache son attention de mes blessures pour croiser mon regard. Elle marqua un temps d’arrêt avant de revenir totalement à elle.

« Il est normal que je ne tolère pas qu’un intrus vienne agresser un de mes invité, n’est-ce pas ? »
Une question rhétorique à laquelle je réponds par un hochement de tête et un sourire. Je ne pouvais que sincèrement approuver. « Pensez-vous pouvoir vous lever ? »

Bonne question. Ce n’était que de la douleur…. J’en avais vues d’autres… Et puis… Seules mes mains étaient touchées. Il n’y avait donc pas de raison que je ne puisse pas me tenir debout. Sans un mot, je bandai mes muscles pour me redresser, et enfin, me retrouver sur mes pieds. Mais le monde tanguait encore… Aphrodite, par réflexe, passa un bras autour de ma taille pour assurer mon équilibre. Louable intension… Sachant que sa condition lui permettait de me soulever aussi facilement que si j’avais été un nourrisson. Elle me guida ainsi vers la pièce voisine, qui se trouvait être un petit salon, du type salon boudoir, décoré dans les tons blanc et noir. La petite pièce revêtue de velours et de couleur sombres m’inspirait l’apaisement. Comme si, après les émotions vécues au
fil des danses endiablées que peuvent susciter ce genre de réception, il fallait un retour au calme… Un instant d’isolement. Nos pas ne faisaient plus de bruits sur la moquette épaisse qui recouvrait le sol. Nous nous arrêtâmes devant un sofa, assez grand pour que je m’allonge dessus… Assorti à mes vêtements. Ce rapprochement me fit sourire.    

« Je vous en prie monsieur… »

Je m’assis sur le sofa en faisant de mon mieux pour ne pas mettre du sang partout. Les entailles  saignaient toujours beaucoup, ce qui signifiait que mes os devaient être plus abimés que je l’avais cru.

« Merci ma Dame… »
Remarquant mon embarras, Aphrodite reprit :
« Allongez-vous… Laissez-moi faire. S’il vous plait… »  

J’aurais voulu ôter mes bottes. Mais sans l’usage de mes mains, s’était inenvisageable. Je m’évertuai donc à me positionner de sorte à se que mes semelles rentent dans le vide. Mon hôtesse sourit, et entreprit de retirer elle-même mes bottes. Bien que surpris, je ne protestai pas, et tâchai même de me détendre un peu, mes mains posées sur mon ventre. Ma chemise serait la première à devoir éponger mon sang. Un moindre mal.

« Je reviens… » M’annonça-t-elle avant de disparaitre avant que je ne puisse répondre.

Aphrodite revint, quelques secondes plus tard, chargée de bandages, et d’une bassine d’eau tiède. Elle était perceptiblement décidée. Rien dans son attitude ne laissait entendre qu’elle attendait mon approbation. Elle disposa ce qu’elle avait amené au pied du sofa, et s’agenouilla pres de moi, afin de se trouver à bonne hauteur pour s’occuper de mes plaies…. Je me crispai malgré moi quand elle saisit mon poignet. Geste pour le moins délicat cependant. Elle se figea sans me lâcher, et croisa mon regard.

« Sans vous, il aurait pu me frapper… » se justifia-t-elle.
« J’ai agi comme tout le monde aurait dû le faire à ma place… Et puis… Vous êtes également intervenue en ma faveur. » Répliquai-je d’une voix basse et vibrante du pouvoir de Luxus.

Lorsque je suis blessé, deux options s’offrent à moi pour me soigner. Recourir à ma bête ou au démon. Dans les deux cas, le but est le même. Me nourrir. Reprendre l’énergie qui me manque pour me régénérer. Et dans le cas présent, il était hors de question que je blesse cette créature. Elle me fixa un instant, avant de s’appliquer à nettoyer ma peau du liquide poisseux qui l’avait recouverte. Du moins la plus grosse partie, puisque l’entaille était toujours fraiche. Elle remonta jusqu’à mon coude avant de bander soigneusement ma paume. Je faillis lui dire que c’était inutile, mais il valait mieux que le pansement absorbe le sang au profit de tout autre tissu qui n’était pas prévu à cet effet. Sa tâche achevée, elle renouvela l’opération sur mon autre main. Les bandes de tissu blanc étaient impeccablement posées. Elle devait avoir déjà fait s genre de choses.

« Merci, Lady… » Soufflai-je en levant une main pour effleurer son visage du bout des doigts la ligne de sa mâchoire. Ses paupières se fermèrent. Ma peau sentait encore cette odeur métallique typique… A cette simple vision, je sentis mon regard  s’embraser… J’effleurai la courbe joliment pulpeuse de sa lèvre inférieure. La caresse de son souffle s’échappant de sa bouche entrouverte me parvint… Je frissonnai.

« Sans doute ai-je déjà trop abusé de votre hospitalité… »

Je me redressai, prêt à mettre mes paroles en action. Elle avait été plus que correcte, et il fallait que je satisfasse mes instincts. J’avais conscience d’être maudit, mais entacher tant de blancheur aurait pesé sur ce qu’il restait de ma conscience. Je laissai retomber ma main en prenant garde à ne pas prendre machinalement appui dessus pour me relever. Mais d’une main sur mon épaule, elle arrêta mon mouvement.

« Non… »

Sous regard était perdu dans le brasier qui prenait source dans les tréfonds de mon être.

« Ne partez pas… »

Son murmure m’insuffla une vague de frissons irrépressible. Mon corps repartait déjà en arrière sous l’impulsion d’Aphrodite, comme au ralenti. Parce qu’elle avait fait preuve d’une douceur infinie… Et que le temps semblait soudain s’être arrêté. Ses yeux se rouvrirent sur moi, ses traits reflétant une douleur immanquable. D’aucun aurait sans doute détourné les yeux, pour lui laisser le temps de se ressaisir. Mais je ne pouvais me résoudre à mettre fin à cette étrange contemplation. Pourquoi avait-elle tant tenu à me soigner alors qu’en un sens, le bal était tombé à l’eau par ma faute, à peine avait-il commencé. Vivait-elle seule ici avec ses chiens, comme dans une cage dorée, aussi grande fut-elle ? Et pourtant… Elle avait été libre d’envoyer des invitations pour cette soirée… Pourquoi refusait-elle que je parte à présent ? Elle approcha encore de moi, pour effleurer à nouveau du bout des lèvres mes doigts maculé de sang séché. Sa respiration acéléra.

« Ne partez pas… » Répéta-t-elle, en un souffle à peine audible.

Luxus frémit en moi, faisant accélérer mon souffle à moi aussi. En un battement de cœur, je passai les doigts qu’elle avait embrassés sous son menton pour l’attirer à moi, et lui rendre son geste délicat, recueillant son souffle frais,  en une inspiration tremblante tandis que malgré mes efforts pour garder sa blancheur immaculée, elle s’apprêtait à se draper elle-même de mes Ténèbres.



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