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 Trouver sa place - Emily Haas

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Emily Haas
Date d'inscription : 03/08/2018
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MessageSujet: Trouver sa place - Emily Haas   Ven 3 Aoû - 19:32

Emily Haas

 
Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait

 
Fiche d'identité :

 
Informations Générales

 
Âge Humain :
24 ans
 
Date de Naissance :
19 septembre 1993  
Lieu de Naissance :
France
 
Lieu de Résidence :
Londres
 
Métier/Études :
Anciennement palefrenière, actuellement sans emploi
 
Orientation Sexuelle :
Hétéro ouverte d'esprit
 
Statut Civil :
Célibataire
 
Nourriture :
Humaine
 
Moyen Financier :
Réduits pour le moment
 
Groupe :
Humains
 
Rang :
Fidèle
 
Avatar :
Lene Marlin
Je suis un :
Inventé
Code du règlement :
Still one of us... - Jared
Code à remplir :

Code:
[size=22][color=#B61C2E]•[/color][/size] Lene Marlin[color=#ffffff]Ϟ[/color] [url=http://lycampire.forum-canada.com/t942-trouver-sa-place-emily-haas#6824] Haas Emily [/url]

 
Personnalité :
Caractère

  Si je devais me décrire par une série d'adjectifs, je dirai: neutre, fidèle à mes proches comme à mes convictions, curieuse, et surtout prudente. Ce dernier point est très important, bien qu'il me soit moins naturel que les autres. Mais j'y travaille, promis. J'essaie autant que possible de ne pas juger une personne pour sa nature ou sa famille (ou son clan, dans le cas des vampires et des lycans). Je pars du principe que chaque personne renferme des qualités et des défauts, d'où qu'elle vienne, et qu'avant de s'en faire une opinion, il faut observer lesquels elle a choisi de nourrir. De plus, je suis assez sociable… enfin, je l'ai été, et je compte essayer de l'être à nouveau; la vie est trop courte pour se priver de rencontres intéressantes. Enfin, je n'ai aucun mal à écouter les autres, mais j'ai tendance à ne pas penser moi à me confier, ce qui a eu tendance à me créer des ennuies… Mais là aussi, je vais travailler sur moi pour m'améliorer, et m'ouvrir plus aux personnes qui me sont chères.
 
Caractéristiques

  Je suis blonde… non, pardon, je ne suis plus blonde, mais châtain. J'ai encore du mal à m'y faire, d'autant que le médecin a dit que ça pourrait aussi bien être temporaire que définitif. Je suis donc aujourd'hui châtain clair, avec des cheveux mi-longs assez lisses. Des yeux couleurs noisette, une peau pâle mais que je compte bien colorer un peu, des traits un peu tirés par des mois difficiles, voilà comment je peux me décrire. Je n'ai ni piercing ni tatouage, pas même des boucles d'oreilles. Il faut dire que je ne mets que peu de bijoux. Bref, je suis bien partie pour être une Madame Passe-Partout, et j'avoue que ça ne me déplaît pas trop.

 
À propos de moi
Bonjour ! Mon surnom est actuellement inexistant, j'ai 24 ans et je suis Frenchie. J'ai connu le forum grâce à Angel et je le trouve Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven  Like a Star @ heaven . J'estime mon niveau de rpgiste à 5/10. Ma plus grande passion est l'enseignement. Je m'engage évidemment à respecter le règlement et le contexte de Lycampire. Le mot de la fin ? Fin!

 
 
Mon Histoire

 
« Une dernière fois, vous êtes certaine de votre décision ? Dans votre situation, un déplacement loin d'ici ne va vraiment pas vous rendre la vie facile, ne serait-ce que d'un point de vue financier. Et puis, même si on espère que ça ne se produira pas, mais si jamais...

Je soupire intérieurement, à la fois lassée par cet échange et fatiguée par ma condition. Bien sûr, je sais qu'il a raison d'insister, que son raisonnement est fondé, et que je devrais l'écouter plutôt que de m'obstiner. Mais j'ai pris ma décision. Et puis...

_ Ce ne sera sans doute pas un très long séjour, contrairement à autrefois, je ne suis pas certaine d'y rester. Mais je dois mettre en ordre certaines choses, j'ai été absente longtemps... Et puis, si je dois revenir m'installer ici, il faut bien que je m'occupe de vendre la propriété, d'autant que j'y paie toujours quelques taxes alors que je n'y vis plus, ça n'est pas rentable.

L'homme en face de moi soupire à son tour.

_ C'est votre décision, je ne peux pas vous forcer à faire autrement. Tâchez cependant de rester prudente, n'en faites pas trop, et avant de partir, contactez les personnes que je vous ai recommandées. Une fois sur place, il sera trop tard pour faire les démarches, et vous risqueriez de vous retrouver sans réserves avant que vos commandes n'arrivent, et vous savez...

_ Que si ça devait arriver, je ruinerai les efforts mis en place jusque là pour me permettre de sortir de ma situation. Je garde bien cela en tête, et je compte appeler vos collègues britanniques dès que je serai rentrée à la maison, ne vous en faîtes pas.

_ … Très bien, de toute façon, toute autre tentative pour vous convaincre de changer d'avis serait aussi futile que les précédentes je suppose.

L'homme se lève, contourne son bureau pendant que je quitte mon siège à mon tour, et me serre la main.

_ Faîtes bien attention à vous, et si vous avez le moindre doute, appelez le service immédiatement. Au revoir, Mademoiselle Haas.

_ Entendu. Merci pour tout, et au revoir, Docteur.


* * *

Dans la voiture, assise en silence à côté de ma conductrice attitrée depuis maintenant plus de 9 mois, je regarde défiler la route trop familière, pour la dernière fois avant très longtemps je l'espère. Les choses sont allées si vites, ces deux dernières années. A Londres, les choses commençaient déjà à devenir compliquées bien sûr, mais à mon retours en France, tout s'est accéléré.
Un matin, j'ai reçu un mail de ma sœur, Melissa, m'indiquant le décès de notre mère après plusieurs jours d'hospitalisation. Je suis tombée des nues. D'abord, parce que ma mère était morte bien sûr, ce simple fait suffit à vous déstabiliser même lorsque vous n'êtes pas en très bons termes avec elle. Ensuite, parce que je n'avais pas été prévenue qu'elle était malade depuis un moment. Et enfin, parce que malgré la distance, j'avais conservé d'elle l'image d'une femme solide, rarement malade, aussi je ne m'étais jamais, depuis mon départ pour Londres, souciée de sa santé. La culpabilité fit donc rapidement la part belle au choc et au chagrin, et je rappelai ma sœur dans la minute (enfin, après que le choc soit assez passé pour me laisser en état de mener une action ou une pensée cohérente), afin de planifier mon retours en France, et d'apporter mon soutien bien que je le craignais peu apprécié après des années de silence. Il n'en fut rien. Après quelques minutes de silence gêné de nos deux côtés, les années de séparation se sont brisées comme du verre et nous sommes restées au téléphones une longue heure à nous rassurer mutuellement, et à discuter des obsèques, qui, m'apprit-elle, devraient avoir lieu la semaine suivante. Bien qu'elle me dise de prendre le temps de préparer mon voyage, et de ne pas m'inquiéter pour les préparations de la cérémonie, je décidai fermement de partir le jour-même si un train ou un bateau était disponible, en n'emportant que les premiers vêtements que je trouverai en préparant rapidement mon sac de voyage. Après tout, je n'y serai que quelques jours, deux semaines au plus. Du moins, c'était ce que je pensais à ce moment-là.
Pas de place de train, mais un bateau qui quittait le port à 14h et sur lequel il restait quelques places ; parfait, cela me permit même d'emporter ma voiture, pour éviter à ma sœur ou à mon frère d'avoir à aller me chercher au port. Le trajet me parut interminable, et en même temps, je ne le vis presque pas passer, rongée par la culpabilité et occupée à réfléchir à l'organisation des obsèques pour ne pas me laisser noyer par cette dernière (je pris aussi le temps de mettre un message à Blake pour m'excuser de mon absence soudaine, et décidai que j'écrirai à mes amis Londoniens, et surtout à Jared, une fois que j'aurai l'esprit plus tranquille, certaine qu'ils comprendraient le délais). Finalement arrivée à la maison de mes parents, je fus à nouveau frappée de plein fouet par les conséquences de mon départ. Il fallut quelques secondes à mon père pour enfin me reconnaître, et lorsque ce fut fait, son malaise d'être en ma présence devint lourdement perceptible, et ce pour quelques jours. Quant à mon frère, il m'adressa à peine la parole, et je fus bien incapable de l'en blâmer. Je n'avais pas eu aussi honte depuis longtemps. Mais il y avait beaucoup à faire, ce qui me permit de ne pas avoir à surmonter leurs regards trop souvent les premiers jours. Et quand la tension redescendait, parce qu'il n'y avait plus rien à faire, je me sentais vite extrêmement fatiguée. A Londres, lorsque ça m'arrivait, je trouvais toujours une bonne source d'adrénaline pour éloigner la fatigue, elles ne manquaient pas, dans ma situation. Mais ici, c'était différent, tout était calme, pas de falaises abruptes au bords desquelles marcher en luttant contre le vent, pas de vampires multi-centenaires à combattre, ni d'ami lycanthrope à l'humeur joueuse, pas d'ennemis ou d'armes (enfin, si, même si j'ai abandonnées mes armes à feu à Londres en partant, j'ai tout de même embarqué mon couteau d'argent, par réflexe). Une vie « normale », en somme. D'une norme qui me donnait des vertiges et des nausées de plus en plus durs à réprimer.
Et ça s'est produit. Après quatre jours sur place à ordonner des papiers médicaux et légaux, à choisir des photos, des fleurs, des musiques, une urne, …, à téléphoner ou écrire aux amis pour leur annoncer la nouvelle et les convier à la cérémonie d'adieu, au cours d'un après-midi particulièrement calme, alors que j'étais en train de préparer le thé pour tout le monde, l'univers s'est mis à tourner autours de moi, et j'ai à peine entendu le fracas de la chaise sur laquelle j'avais tenté vainement de me rattraper dans ma chute lorsqu'elle a heurté le sol à côté de moi. J'ai perçu des bourdonnements qui s'approchaient de moi, vaguement senti le sol s'éloigner de moi pour être remplacé, après un défilé de murs et de visages flous, par une surface plus molle, que je compris plus tard être le canapé du salon. Au prix d'un effort douloureux, j'ai réussi à éloigner l'obscurité qui semblait vouloir ronger les yeux (et mon cerveau avec), et après plusieurs longues minutes allongée, je me suis sentie un peu mieux, bien que toujours fatiguée.

_ Sans doute une petite hypoglycémie, rien de grave, je n'ai pas du assez manger ce midi.

Telle fut ma réponse aux questions inquiètes de mon père et de ma sœur, percée par le regard  insondable de mon frère. Je n'aurai pas su dire s'il était inquiet ou énervé, sans doute un peu des deux. Je repoussais les suggestions d'appeler un médecin, arguant qu'en grignotant quelque chose et en me reposant bien cette nuit, je serai rapidement sur pieds. Je gagnai ce débat-ci. Mais la scène se reproduisit deux jours plus tard, la veille des obsèques. Il était trop tard pour appeler un médecin ce coup-ci, et la solution des urgences me semblait franchement démesurée, je négociai donc, toujours sous le regard perçant d'Arnaud, d'aller faire une prise de sang le lendemain de la cérémonie, persuadée que mon état était dû au choc, et que l'analyse servirait juste à rassurer le reste de la famille.
Les obsèques eurent lieu sans encombres, à peine un petit vertige que personne ne remarqua, et le lendemain, Melissa prit la voiture et m'accompagna Jusqu'à une clinique proche de la maison. Là, je me fis piquer le creux du coude en toute sérénité, et nous nous sommes mises en route pour le retours, avant d'être rappelées à mi-chemin par une des secrétaires qui, la voix inquiète, nous a demandé si nous pouvions revenir rapidement pour discuter du résultat. « Ils ont dû rater l'analyse, et ils ont besoin d'un nouvel échantillon, et du coup la pauvre secrétaire a peur qu'on la dispute elle puisqu'on l'a au bout du fil, pauvre fille » pensais-je alors que ma sœur faisait demi-tour, les traits crispés.

_ Hey... Tout va bien, je me sens bien, détends-toi, je suis sûre que c'est juste une erreur de leur part, ok ?

« Et puis, après tout ce que j'ai traversé, je doute qu'un virus quelconque puisse me causer le moindre tort ». Mais ça, je le tus, à part moi, personne n'était au fait de l'existence des êtres de la nuit, mes frères et sœurs ayant rapidement qualifié de « contes pour enfants » les récits de mes grands-parents et de leur mystérieux amis. De retours sur le seuil de la clinique, le monde bascule. Le vertige monte en flèche au moment où les portes s'ouvrent, l'air frais de l'intérieur n'obtient aucune réaction de ma peau, et mes jambes me lâchent après le premier pas à l'intérieur, me faisant tomber sur le carrelage et dans l'obscurité. (Zeugma!)

Quand j'ai rouvert les yeux, je me trouvais dans une chambre blanche, allongée sur un lit assorti. Un décore bien peu familier pour moi. Un quart de tour de ma tête m'a permis de repérer ma sœur, mon père et mon frère, assis en silence, avec un air proche de celui que je leur ai vu à l'enterrement de notre mère. En me voyant réveillée, mon frère s'est levé, toujours sans un mot, et est sorti chercher un médecin pendant que les deux autres se sont rapprochés du lit. Perplexe, je m'apprêtait à plaisanter sur le fait qu'ils avaient l'air de regarder une morte, mais le souvenir des obsèques de la veille, ainsi que quelque chose dans l'air m'en ont empêchée. Alors je me suis contentée de me redresser pour les rassurer, et le médecin est entré avec Arnaud. Et après un échange de convenance comme on en imagine aisément entre un médecin professionnel et une patiente qui se réveille après une perte de connaissance brutale, le verdict de ma prise de sang est tombé. Des blastes à gogo, des globules blancs et rouges en voie de disparition. J'ai une leucémie.


* * *

_ Tout est en ordre ? Tu es sûre que tu n'as rien oublié ? Tu as tous tes médicaments hein ? Et tu es certaine qu'à ta pharmacie là-bas, ils ont bien passé tes commandes ?

_ Melissa, calme toi, tout est en ordre. J'ai appelé la pharmacie et le service hospitalier de Londres, j'ai aussi fait les démarches pour que mes médicaments continuent en partie à m'être remboursés par ma sécu française, et j'ai embarqué tout les stocks que j'avais ici.

_ J'aurais dû prendre un billet pour venir avec toi, dire que tu vas voyager toute seule...

_ Hey, je vais mieux, vraiment. N'oublie pas que tu as ton travail et tes enfants ici. Les dernières prises de sang sont très rassurantes, et n'oublie pas que le traitement n'est plus à visée de guérison, il sert de prévention, je ne suis plus malade. D'ailleurs, je ne suis plus malade depuis trois bons mois maintenant. Et si je prends bien mes traitements – ce que je vais faire, ne t'en fais pas – mes risques de rechute seront aussi faibles que ceux de n'importe qui n'ayant jamais eu cette maladie.

_ Mais tu es tout de même encore fatiguée, tu l'as dit toi-même !

Je souris doucement.

_ Oui, fatiguée parce que ça fait presque un an que je ne fais plus aucun sport, sauf pendant mes quelques séances de rééducation. Il va me falloir encore du temps pour retrouver l'endurance que j'avais avant. Tous les malades passent par cette phase, c'est normal.

Je la vois hésiter encore intérieurement, avant de se résigner. Après tout, tout cela, le médecin l'a expliqué lui-même, elle est donc obligée de me croire. Je profite de ce moment de silence pour boucler ma valise, et jeter un dernier regard sur la chambre qu'on m'a prêtée durant mon séjour en France, pour m'assurer que je n'ai effectivement rien oublié. Une fois cela fait, je prends mon sac à dos et le hisse doucement sur mes épaules. Comprenant que l'heure du départ est venue, ma sœur soupire et attrape la poignée de ma valise avant que je ne l'atteigne.

_ Au moins, je peux t'aider jusqu'au bateau.


* * *

Passés le choc, la vague incrédulité et les larmes de chacun, les traitements commencent. Entre les comprimés, les sachets solubles, les bains de bouche et les douches à la bétadine à répétition, je me suis plus d'une fois sentie submergée par le nombre de choses à faire, aussi petites qu'inhabituelles pour moi. Hospitalisations, isolations, retours « à la maison » (chez ma sœur) avec la liste longue comme le bras de médicaments à prendre, une routine bien étrange, presque surnaturelle, s'est instaurée de force. Et au milieu de tout ça, une hésitation constante : dois-je les prévenir ? Eux, les amis que j'ai laissés à Londres sans un message, certaine que je reviendrai dans une petite poignée de semaine. Et surtout, lui... A mesure que les médicaments font leur effet et que mon état se dégrade visiblement, je renonce. Non, je ne les préviendrai pas. Je ne peux pas. Je ne veux pas. Je ne veux pas être une source d'angoisse, je ne veux pas qu'ils me voient pâle, la peau sur les os, et la moitié du temps le regard rendu vitreux par les anti-douleurs. Je ne veux pas voir l'inquiétude ou la pitié dans leurs yeux. Et surtout, si les traitements ne suffisent pas, si la maladie persiste à se renouveler... je ne veux pas qu'ils soient témoins de la potentielle fin de cet épisode peu glorieux de mon existence. Je ne peux pas leur infliger ça. Ma décision prise, j'effaçai les quelques messages qu'ils m'avaient laissés, questionnant ma disparition de la capitale britannique et mon absence d'avertissement, et bloquai les numéros. « Au moins le temps de ma convalescence » me dis-je.
En plus des effets indésirables, mais attendus, de tous mes traitements, les médecins remarquèrent d'autres symptômes, proche des crises de manque. On me questionna sur ma potentielle consommation d'alcool, de cigarette, de substances plus ou moins légale, mais je restai inébranlable : non, je n'en avais jamais consommé. Bien sûr, l'équipe avait du mal à me croire, et je les comprenais, puisque moi-même je n'expliquais pas ces symptômes. Jusqu'à ce qu'un jour, le premier médecin que j'avais rencontré me pose cette question :

_ Vous pratiquiez une activité extrême ? Quelque chose qui soit source d'adrénaline ?

_ Oui.

_ Régulièrement ?

_ Oui, presque tous les jours.

Bien sûr, je savais que nous ne nous représentions pas la même chose. Lui pensait à de l'escalade, du parachutisme, des sports officiellement reconnus en somme. Moi en revanche, c'était plutôt traque de vampires, combats avec des chasseurs belliqueux, réunions secrètes avec des dizaines de créatures mangeuses d'Homme, assaut du domaine d'un originel, etc. Et en plus de cela, il était vrai que je ressentais de plus en plus le besoin de tromper l'ennui (ou en tout cas le mal-être que je supposais lui être dû), ce que je faisais en me mettant dans des positions toujours plus périlleuses. Cependant, je m'étais toujours efforcée de ne pas remarquer explicitement ce changement dans mon attitude.

_ Voilà qui explique sans doute votre état. Vous n'êtes pas dépendante d'une substance considérée officiellement comme une drogue, mais vous êtes bien dépendante à quelque chose : l'adrénaline.

Devant mon air surpris et vaguement amusé par sa remarque, il m'expliqua la mine sombre que je ne devrais pas m'en réjouir, que ce n'était pas moins le signe d'un mal profond que de chuter dans des drogues plus conventionnelles. D'autant plus que c'était sans doute cette addiction qui m'avait empêchée de remarquer ma faiblesse grandissante, parce que j'avais trompé mes étourdissement à coups de grosses doses d'adrénaline, rendant les évanouissement impossibles.

_ Sauf que si vous aviez pu vous rendre compte de votre état plus tôt, les traitements auraient été moins longs, et surtout, moins lourds. (Il lâcha un soupire avant de reprendre, l'air sincèrement concerné) Je ne sais pas ce qui vous a poussée à en arriver là, mais il faut vous en sortir, sans quoi, vous finirez par vous tuer, soit en vous mettant toujours plus en danger jusqu'à franchir la limite, soit en vous détruisant le cœur à coups d'adrénaline. Gardez ça en tête lorsque vous serez sortie, d'accord ?

Après son départ, je restai un long moment abasourdie, perdue entre mes souvenirs et mes sentiments variés. Ce qui avait provoqué ma descente sur la pente du « toujours plus dangereux » ? Le souvenir d'un corps sans vie tombant en poussière sur ses genoux après avoir soupiré vengeance répondit à la question. Bien sûr, d'autres incidents avaient accéléré la chose, mais en me forçant pour la première fois à y réfléchir, je me rendais compte que j'avais sans cesse refoulé l'impact que cette perte brutale avait eu sur moi. Je ne m'étais confiée à personne, nul ne savait ce que j'avais vu, les souvenirs que j'avais ingérés (et qui contenaient également la douloureuse agonie ressentie par le vampire jusqu'à son dernier souffle). J'étais restée seule face à une montagne, et j'avais décidé de la porter sans aide. « Juste à coups d'adrénaline... » Comment avais-je pu croire que je ne finirai pas écrasée ? Et que, en tombant, je ne risquais pas de blesser mon entourage ?

Je continuai mes réflexions au fil des jours. Ma fréquentation du monde surhumain était-elle une mauvaise idée ? Devrais-je, pour ma santé, faire comme si je n'en savais rien ? Non, ça n'était pas possible, et si certains vampires lui avaient infligé de grandes peines, c'était un loup qui l'avait le plus souvent fait sourire et se sentir en sécurité, c'était un couple mixte qui lui avait offert des voyages exaltants dans un monde à mi-chemin entre le passé et le présent. Cependant, il y avait bien quelque chose qui avait mal tourné dans ma relation à ce monde méconnu. Lentement, ma convalescence devint plus qu'une tentative de guérison ; elle devint une complète remise en question.


* * *

_ Le temps est magnifique, ça fait plaisir.

Ma remarque brise le silence de la voiture. Trop concentrée, et sans doute encore un peu inquiète, Melissa ne répond pas. Une onde de culpabilité résonne dans mon esprit. Je sais. Je sais qu'elle a peur, pour ma santé d'abord, mais aussi que je retourne m'enfermer en Angleterre sans donner de nouvelles, que je me détourne à nouveau d'eux. Comme je l'ai fait pendant plus de deux ans...

_ Je t'écrirai régulièrement, d'accord ? Comme ça, tu seras la première informée de mes progrès. Et quand j'en aurai fini avec tous ces traitements, je vous inviterai tous à venir fêter ça chez moi, que ce soit en France ou en Angleterre.

Je ne sais toujours pas si je vais rester à Londres. A vrai dire, j'ai peur d'y retourner. Peur de revoir ceux que j'ai abandonnés sans aucune explication. Mais... Je jette un œil dans le rétroviseur pour observer pour la énième fois mon visage. J'ai tant changé, que même moi j'ai du mal à me reconnaître. Déjà, je suis bien plus pâle qu'avant. Logique, après 9 mois sans presque jamais voir le soleil, puis trois à peine mieux lotis. « J'ai connu des vampires plus colorés ». Cette petite plaisanterie intérieure suffit à me faire sourire, ce qui fait ressortir le deuxième gros changement. Mes traits sont bien plus tirés qu'avant, la faute à une grande perte musculaire. En fait, j'ai l'impression d'avoir rapidement vieilli. Moi qui avais toujours fait plus jeune que mon âge. Et surtout... je lève un peu les yeux vers mes cheveux. Après les avoir tous perdus (ainsi que mes sourcils, et une partie de mes cils), tout a lentement repoussé. Sauf qu'au lieu de mon habituelle chevelure blonde légèrement bouclée, ce sont des fils châtain clair qui ont émergé de ma peau. Et comme ils ne sont pas encore très longs, impossible de savoir s'ils vont reboucler, ou rester lisses comme ils le sont à présent. Non, vraiment, ce n'est pas moi dans le miroir. C'est une inconnue très vaguement ressemblante qui me retourne mon regard. Et cela m'arrange. Enormément même. Puisque je ne suis pas certaine de rester à Londres, je préfère ne pas être reconnue, afin de ne pas donner de faux espoirs à qui que ce soit. Et sans doute aussi pour ne pas avoir à confronter leurs regards déçus par mon attitude. Je vais me trouver un travail différent de celui que j'avais jusque là, de préférence pas là où habitent mes anciens – ce mot est assez douloureux – amis pour ne pas attirer l'attention. J'ai laissé ma voiture à mon père, et suis partie avec celle de ma mère (que ma sœur a insisté pour conduire jusqu'au bateau, pour me forcer à me reposer jusqu'au bout ; c'est mon frère qui la redéposera, il doit déjà nous attendre au port), inconnue à Londres. Et il y a un dernier aspect qui a changé chez moi...


* * *

Après le septième mois de traitements, à deux mois de la greffe donc, mes cheveux avaient fini de tomber, et j'étais à nouveau hospitalisée. En raison des nombreuses perfusions dont j'étais équipée, mes anti-douleurs étaient plus nombreux encore qu'auparavant, il était donc rare que je sois consciente très longtemps. Malgré tout, ma famille continuait à venir me voir régulièrement. Même Arnaud, avec lequel les relations avaient été plus que tendues à mon retours, était présent. En fait, c'était même lui qui venait le plus souvent, et ce depuis ma première hospitalisation. La plupart du temps, il restait silencieux, me regardant à peine. Mais un jour de ce septième mois, pour la première fois, il me parla à cœur ouvert (et dieu merci, c'était pendant une phase de conscience assez grande pour lui répondre).

_ Je suis désolé... de t'avoir accueillie comme ça quand tu es rentrée... Je... j'étais fâché que tu sois partie sans donner de nouvelles...

_ Tu n'as pas à t'excuser. (J'avais la voix pâteuse, mais bon, c'était mieux que rien) J'aurais dû...

_ Non. Je sais pourquoi tu as fait ça... je le savais dès ton départ... avant même... Je savais que ça n'allait pas... à la maison... Je le voyais bien... Mais j'ai préféré ne rien dire, mener ma vie sereine sans m'en préoccuper. Ce n'est pas contre toi que j'étais fâché, quand tu es partie...

Il ne dit rien de plus, et moi non plus. Nous n'en avions pas besoin. Nous savions que nous nous comprenions, pour la première fois depuis de très longues années. Et ça, ça valait tous les discours du monde.

Après ça, ses visites devinrent plus ouvertement chaleureuses. Cela rendait mes journées blanches moins pénibles, et ce même s'il n'avait pas le droit de me toucher pour des raisons d'hygiène. Un nouveau mois s'écoula ainsi, puis arriva l'heure de la greffe, prélevée sur le sang de ma sœur. Enfin, le bout du tunnel. Enfin, si tant est que je ne rejette pas le don. C'était une sortie de tunnel hasardeuse, suivie d'un virage en épingle à cheveux qu'il fallait manœuvrer sans erreur, faute de quoi on se retrouvait dans le fossé. Et pourtant, étrangement, à ce moment je n'avais plus peur. Je n'étais pas particulièrement confiante dans la réussite de ce don, et je savais pertinemment que le risque d'échec était conséquent. Mais malgré tout, j'étais plus sereine que je ne l'avais jamais été ces neuf derniers mois. J'étais réunie avec ma famille, sans aucun grief pour dresser des murs entre nous. C'était un cadeau que je n'avais jamais osé souhaiter. On dit que les épreuves nous rassemblent, et ça n'avait jamais été aussi vrai pour moi que ce jour-là.
Une nouvelle perfusion, un moment émouvant, avant de me retrouver à nouveau seule dans la chambre stérile, comme l'indiquait le protocole de sécurité post greffe. J'avais moins de calmants, mais toujours un peu ne serait-ce que pour m'aider à dormir convenablement la nuit, et permettre à mon corps de mieux récupérer de l'épreuve qu'il venait de vivre.

Et puis, un soir, ou en tout cas, au travers de ma conscience vaseuse, j'avais l'impression que c'était le soir, car la pièce était très sombre, se produisit un incident que je peine encore à ranger soit dans la catégorie du rêve soit dans celle de la réalité. Mes yeux étaient fermés, mon esprit embrumé, la pièce entièrement silencieuse, à l'exception du bruit régulier du régulateur de perfusion. J'étais seule, ou du moins, j'aurais du l'être. Pourtant...

_ Qu'est-ce que la vie a fait de toi... Toi au parfum autrefois si doux, voilà que tu sens un mélange d'une autre et de sang artificiel... Aussi bien de l'extérieur... (je cru à cet instant sentir un vent léger à la frontière entre mon épaule et mon cou, mais la sensation était si légère que je n'en suis absolument pas certaine aujourd'hui) que de l'intérieur...

Qui était là ? La voix n'était pas plus qu'un murmure, et semblait provenir de légèrement au dessus de moi. Si proche... et vaguement familière... Luttant contre les calmants, je parvins à entrouvrir les yeux sur une silhouette sombre et vague au milieu de l'obscurité de la chambre. Je refermai les yeux ce qui me sembla seulement quelques secondes, et la silhouette avait disparu. Avant de pouvoir réfléchir plus longuement à ce qui venait de se produire, le sommeil me rattrapa à nouveau.


* * *

_ Tu vas nous manquer, essaie de revenir nous voir. En attendant, on s'écrit, ne l'oublie pas hein !

_ Prends soin de toi Mily, et surtout si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésites pas à nous appeler.

_ Promis.

Nous y voilà. Voiture garée dans le bateau, réunis tous les trois sur le quai, juste devant la passerelle d'embarcation. L'heure des « au revoir ». Melissa me presse encore et encore de revenir, et je pense que oui, c'est ce que je vais faire. C'est sûrement mieux pour tout le monde. Une dernière étreinte, d'abord la sienne, puis celle d'Arnaud tandis que Melissa s'éloigne en étouffant un sanglot. J'entends alors à mon oreille :

_ Fais ce qui sera le mieux pour toi. Tu seras toujours la bienvenue ici, mais à mon avis, maintenant, ta place est là-bas... Alors n'hésite pas, nous, on ne t'oubliera pas.

Je le regarde, perdue, tandis qu'il s'éloigne avec un dernier léger sourire et passe son bras autours des épaule de notre sœur. Je n'aurais jamais pensé qu'il m'encouragerait à rester à Londres. Je suis bien incapable de répondre à cet encouragement inattendu. Alors je me dirige, pensive, sur la passerelle et m'installe sur le pont supérieur, pour profiter de l'air marin et signer un dernier au revoir tandis que le bateau s'éloigne du quai. Rester à Londres... est-ce seulement possible ? Et plus encore, raisonnable ? Mes pensées retournent à mon reflet dans le rétroviseur de ma nouvelle voiture. Je ne me ressemble plus. J'ai changé. Et le souvenir de cet incident nocturne et potentiellement fictif marque néanmoins un point ; mon sang aussi a changé. C'est désormais celui de ma sœur en majeure partie. Preuve en est, il ne me reste presque plus rien des souvenirs de Damon, et d'ailleurs, ma tête en est bien plus légère. Et je suis toujours sous traitements, et ça durera encore presque deux ans. Mon odeur n'est assurément plus la même. Plus le même visage, plus les mêmes cheveux, plus le même sang, plus la même odeur. Hm... Oui, finalement, peut-être puis-je passer inaperçue pour le moment. Au moins le temps de décider si je reste ou non.



(Pour en savoir plus sur le passé encore plus passé d'Emily, direction son ancienne fiche, aux archives!)

 
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Kalia Murray
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MessageSujet: Re: Trouver sa place - Emily Haas   Sam 4 Aoû - 1:57

Mon.. Mon dieu ..Emy.. Je.. J'y crois pas.. Tu nous reviens?!! Jared il va .. Wow
Ma petie blondinette Saut Câlin Petits cœurs Excité Cœur Ooooooh Câlin lupin Lèche Amour

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Emily Haas
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MessageSujet: Re: Trouver sa place - Emily Haas   Sam 4 Aoû - 7:29

En retrait pour le moment, pour divers raisons (surtout parce que irl j'ai pas beaucoup de temps libre x) ), mais oui je suis de retours =)
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Kalia Murray
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MessageSujet: Re: Trouver sa place - Emily Haas   Sam 4 Aoû - 13:07

C'est deja tellement bien ! <3 Bon retour parmis nouuuus Excité

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Jared Carter
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MessageSujet: Re: Trouver sa place - Emily Haas   Mar 7 Aoû - 10:53

Blonde ou pas... c'est pas le parfum qui compte, ni même la brillance d'un sourire... Enfin... Parole de Junkie, hein... Content de voir que malgré tout t'as réussi à penser un peu à moi... J'espère ne pas rester un poids dans ton nouveau départ... Quoi que t'en penses, on t'a pas effacée. J'espère qu'on pourra se recroiser quand même... Parce que je... Tu me manques.

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Emily Haas
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MessageSujet: Re: Trouver sa place - Emily Haas   Mer 8 Aoû - 13:13

*essuie rapidement une larmiche* Merci… Et on n'oublie pas un ami pareil… c'est impossible…

Auteur on: En vrai, j'avais peur que l'histoire soit un peu trop victimisante pour Emily, je veux pas en faire une pauvre malheureuse coincée en France par une cruelle maladie, mais je cherchais un moyen de lui permettre de rester en retrait au moins au début histoire que je me remette dans le bain, et elle aussi, mais dans un monde rempli de créatures à l'odorat plus développé que celui d'un chien de chasse, dur de dissimuler un retours à Londres… Et l'idée du don de moelle (donc de cellules sanguines) m'a frappée, puisque le receveur change de groupe sanguin après le don, et récupère certains attributs du donneur, genre allergies & co. Si le sang change à ce point, j'ai supposé que son odeur aussi, mais j'avoue que c'est juste un raisonnement "logique", j'ai aucun appui scientifique là-dessus. Si ça semble trop tiré par les cheveux, je peux essayer de trouver une autre raison au changement! (Ah, et j'ai pas précisé dans la fiche pour pas casser le rythme, mais les cheveux, ça n'a absolument rien à voir avec le don de sang/moelle, tout au plus ça a pu être un peu influencé par les médicaments, mais c'est surtout un coup de chance / deus-ex-machina, les cheveux changeant de nature et parfois un peu de couleur au cours de la vie).
Et merci pour l'avatar! Faudra que tu m'apprennes à héberger une image, que j'ai pas à te redemander chaque fois que j'en aurais besoin =3 Auteur off
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Trouver sa place - Emily Haas

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