Bienvenue sur Lycampire - Forum RPG Fantastique, Invité !


Partagez | 
 

 Journal - Emily Haas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
FidèlesFidèles
Emily Haas
Emily Haas
Date d'inscription : 03/08/2018
Messages : 11

Journal - Emily Haas Empty
MessageSujet: Journal - Emily Haas   Journal - Emily Haas EmptyDim 16 Déc 2018 - 16:37

Trouver un travail en terrain un peu trop familier.

Le vent tiède glisse entre les rangées d'immeubles bien alignés sous le ciel gris de Londres, faisant voler les vieux journaux et les cheveux des passants. Parmi ces derniers, une jeune femme, d'une trentaine d'années tout au plus, ses cheveux châtains agités eux aussi par la brise urbaine, se tient immobile au milieux de ceux qui se pressent pour se rendre au travail ou pour en revenir. Son regard est tourné vers le deuxième étage du bâtiment en face d'elle, dont les vitres laissent entrevoir des bureaux ornés d'ordinateurs, et une poignée d'individus assis derrière certains d'entre eux, les autres demeurant inutilisés. Elle est bien loin des chevaux et de la boue, du travail manuel et de l'air frais de son ancien travail, la jeune femme. Bien loin de ce qu'elle a connu pendant deux longues années, dans cette même capitale. Mais c'est aussi ce qu'elle cherche en venant ici. Être loin de ces lieux trop familiers, loin des personnes qu'ils abritent et qui la connaissent trop bien, loin des espoirs peut-être erronés que son retours pourrait engendrer, et des explications qu'il lui faudra un jour, peut-être, donner. « Si je ne reste pas..., si je dois repartir... » se répète-t-elle inlassablement dans un français impeccable. Alors elle préfère se faire discrète, que l'on ignore son retours au maximum. Pour ne pas décevoir à nouveau...

Mais il faut bien manger pour vivre, et pour manger, il faut travailler, pas possible donc de rester cloîtrée chez elle, et puis, elle doute qu'elle en soit capable, surtout après de longs mois à tourner en rond dans une chambre. Elle a besoin de sortir, ou, à minima, d'occuper efficacement son esprit pour ne pas trop ressentir ce besoin. Elle a toujours été comme ça, et ni sa convalescence ni ses bonnes résolutions n'ont eu d'effet notable sur ce trait de sa personnalité. Alors il lui faut trouver un moyen de concilier tout cela ; manger, sortir un minimum, s'occuper l'esprit le reste du temps, éviter les visages familiers. Et peut-être rencontrer quelques nouveaux visages, pourquoi pas ; elle n'a jamais été du genre loup solitaire. Et après de longues heures de recherches (facilitées par la connexion internet qu'elle n'a jamais pensé à résilier durant son année en France), la châtaine a finalement trouvé l'emploi idéal ; à condition bien-sûr de parvenir à s'y faire embaucher. Une profonde inspiration, une expiration toute aussi longue, un sourire poli mais déterminé solidement accroché à ses lèvres, et la voilà qui s'avance vers l'interphone pour presser le troisième bouton de la rangée de gauche, à côté duquel est inscrit « Maison de la traduction ». « Puis-je vous renseigner ? » grésille une voix féminine. « Je m'appelle Emily Haas, et j'ai rendez-vous avec M. du Fresnes pour le poste vacant dans la section traduction française. »

La salle d'attente est à peu de choses près à la même température que la rue qu'elle a quitté il y a quelques minutes, mais les lumières blanches et les murs assortis feraient presque oublier à la jeune femme l'opacité du ciel en dehors des locaux. Du coin de l'oeil, elle voit derrière la porte vitrée de la secrétaire entrer dans le petit bureau un homme d'une quarantaine d'années bien habillé. Sans regarder vers la candidate, il adresse à la femme d'âge mûr qui lui a ouvert un instant plus tôt des propos qu'elle ne peut entendre de son côté de la porte, mais son visage trahi le fond de l'échange ; il n'a pas beaucoup d'attentes d'elle. Emily continue de sourire, nullement déçue car elle s'attendait à cette première impression ; un nom de famille allemand, pas d'études reconnues sur le territoire anglais, ni d'ailleurs sur le territoire français, et une adresse à Londres, rien là-dedans ne présage une quelconque maîtrise du français. Bien sûr, elle a déposé son CV dans sa langue, mais elle aurait très bien pu la faire écrire par quelqu'un d'autre. Tout se jouera donc durant l'entretien oral que son potentiel futur employeur a bien voulu lui accorder. Et tous deux ont la même attente de celui-ci : qu'il se termine rapidement. Le dénommé M. du Fresnes sort du secrétariat et se présente à sa postulante dans un français correct mais dont l'accent indique à Emily qu'il n'a de français que le nom de famille. « Bienvenue Mademoiselle. J'espère que vous n'avez pas eu trop de mal à nous trouver. » Un échange hors du cadre strictement professionnel, quoi de mieux pour déstabiliser une candidate qui se serait contentée d'apprendre quelques phrases types pour faire illusion lors de l'entretien d'embauche ? Le sourire de l'ex-palefrenière s'agrandit, tandis qu'elle répond dans la même langue : « Non aucun, je connais bien les rues de Londres depuis le temps que j'y habite. Merci en tout cas d'avoir accepté de me recevoir, j'espère ne pas vous décevoir. » L'air sûr de lui de son interlocuteur s'efface au profit d'un étonnement sincère teinté d'admiration. Echec et mat.

Après quelques minutes supplémentaires, le responsable de la section de traduction française tend une main à Emily : « bienvenue parmi nous ! » Elle la lui serre, tandis qu'il continue à parler pour lui expliquer le fonctionnement de la maison plus en détail. Il y a au total six sections différentes, deux par étage. La section française côtoie la section allemande (« quelle ironie » pense-t-elle) au deuxième étage, la russe partage le premier étage avec l'anglais (« bien sûr, ils traduisent dans les deux sens, il leur faut donc des correcteurs »), et le troisième étage héberge l'italienne et la chinoise (« en somme, de la diversité, mais pas tant que ça au final »). Le rez-de-chaussée sert exclusivement à l'accueil et aux locaux techniques. Quand au quatrième étage, il est réservé aux bureaux administratifs. Il y a une centaine d'employés au total en comptant les secrétaires et les agents d'entretien, mais la plupart du temps les locaux sont relativement vides, car les gens préfèrent travailler de chez eux. « Ah ? Il est possible de travailler à domicile ? Pourtant je vois que vous disposez de matériel informatique en nombre conséquent. » Elle y est, c'est la partie qui l'a le plus intéressée dans ce travail ; la possibilité de travailler depuis chez elle.

« Oui oui, bien sûr aucun problèmes là dessus. Nous avons des ordinateurs, mais c'est uniquement parce que certains employés préfèrent travailler ici. Nous n'en avons pas un par employé, loin de là. Vous pouvez donc tout à fait travailler où vous voulez, j'attends uniquement un envoie mensuel de l'avancée de vos traductions. Et, en cas de délais serré, je peux exiger un envoie hebdomadaire jusqu'à la complétion de la traduction. Vous pensez travailler plutôt ici ? »

Au ton de sa voix, elle devine qu'il préfère que ses employés travaillent chez eux. Logique, moins d'ordinateurs allumés, moins d'électricité à payer. La châtaine le devine du genre économe, pour parler positivement, et elle est prête à parier que la connexion internet est mauvaise voire inexistante. Tant mieux, choisir de travailler chez elle ne pourra pas lui être préjudiciable, au contraire.

« Non, je préfère travailler de chez moi, je suis plus à l'aise sur mon propre ordinateur, et cela me permettra de travailler tard le soir si je le souhaite. »

Le sourire de son nouveau patron revient, plus large encore, et il approuve vivement son choix, tout en la prévenant cependant (sans doute par principe) qu'elle peut avoir accès aux locaux jusqu'à minuit grâce aux clefs qu'il lui fera parvenir à sa prise de fonctions, la semaine prochaine. Encore quelques formalités, et les deux sont de retours devant le secrétariat, où, sous le regard incrédule de la secrétaire, il serre une dernière fois la main à la nouvelle venue et la laisse partir sur un « au plaisir de vous revoir jeudi prochain ! » avant de s'en aller vers l'ascenseur, vraisemblablement pour retourner à son bureau au quatrième étage. En ressortant dans la rue, la nouvelle traductrice décide de fêter son embauche en s'offrant une pause à un café. La question étant, lequel, puisqu'elle cherche à éviter les lieux trop fréquentés, et en particulier par ces anciennes fréquentations. Elle déambule donc un moment dans les rues londonniennes, trouvant systématiquement les établissements qu'elle croise soit trop voyants, soit trop tendancieux au niveau de leur nom (« café de la nuit rouge », « bar du loup sauvage », si les propriétaires ne sont pas eux-mêmes des êtres de la nuit, il y a de fortes chances que leurs habitués le soient, eux), soit encore situés dans des rues qu'elle ne connaît que trop bien. Alors qu'elle s'apprête à rebrousser chemin pour regagner sa voiture, son regard s'arrête sur une devanture discrète, où se mêlent piles de livres et tables. Emily lève ses yeux vers les lettres peintes en haut de la vitrine et lit : Café Littéraire nom à retrouver en rp. Elle s'approche de la porte sur laquelle une petite annonce est affichée. « Cherchons serveuse à mi-temps, disponibles de 15h à 19h les lundi, mercredi, vendredi et samedi. Se renseigner auprès de Mme retrouver nom idem. » Poussée par une curiosité fardée de timidité, la jeune femme pousse la porte.

Suite dans un prochain post.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur Voir le profil
 

Journal - Emily Haas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Journal d'une Nedora...
» Journal diplomatique
» [Poursuite prochaine]Journal champenois
» Statistiques du Journal Hattrick du Poitou Charentes
» Journal de Dietrich
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Lycampire - Forum RPG Fantastique
  • This is where we start
  • These are your connections
  • Mon journal intime
  • -
    La date/heure actuelle est Lun 15 Juil 2019 - 15:27